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MAGIQUE :

Etre magique c'est supprimer toute relation de distance entre soi et l'autre. Répandre son esprit partout, c'est déjà être partout, ressentir et comprendre toutes choses.

Mario Mercier. La nature et le sacré.

 

MAÏS :

Remplir le réservoir d'un gros 4x4 américain avec environ 80 litres d'éthanol pur nécessite environ 220 kg de maïs « c'est-à-dire assez de calories pour nourrir un être humain pendant un an. »

Science et Vie. Mars 2008. Selon un article de Benjamin Senauer et Ford Runge, de l'Université du Minnesota.

 

MAISON :

La vie est un pont. Franchis-la, mais n'y construit pas de maison.

Proverbe indien.


Celui qui n'accepte pas ce monde n'y bâtit pas de maison.

René Char.

 

MALADIE :

La société a des exigences tellement cruelles pour les individus qui sont forcés de travailler [...] que leur seul espoir (à part bien entendu celui d'une révolution) est de tomber malades. [...] La maladie pour un pauvre ; c'est l'équivalent d'un voyage, et la vie d'hôpital, c'est la vie de château.

Jean Grenier. Les Iles.

 

MARCHÉ :

Nous considérons depuis des siècles, en Occident du moins, la planète, monde vivant inclus, comme le simple décor de la geste humaine. Nous avons hérité cette idée d'une certaine relecture cartésienne de la tradition chrétienne. Elle a été laïcisée par l'économie moderne selon laquelle les problèmes trouvent quasi d'eux-mêmes leur solution, du fait des progrès techniques rendus possibles par la contrainte du marché et des prix.

Dominique Bourg. Sciences et Avenir hors série. mars/avril 2007.

 

MARCHER :

Aucun mot ne vaut un pas, pourtant ils vont dans la même force de direction, je marche sur la page, je voudrais être plus qu'écrivain, je voudrais marcher.

Yvon le Men. Dis, c'est comment la terre?

 

MARRE :

J'en ai marre d'en avoir marre !

Fannie Lou Hammer.

 

MASAÏ :

Nous ne voulons pas vous ressembler. Nous voulons que vous nous ressembliez. Nous sommes ici pour changer vos mentalités. Vous ne pouvez pas protéger l'environnement sans nous.

Martin Sanig'o.

 

MATIÈRE :

Elle est le « schème des rêves infinis » pour Gaston Bachelard.

 

MATTHIEU (principe de) :

Le principe de Matthieu explique bien l'apparition des inégalités sociales et aussi pourquoi la croissance n'est pas infinie. L'inégalité sociale elle-même finirait toujours par briser la croissance. (...) Si l'on comprend les motivations des laissés-pour-compte qui se révoltent, celles des plus riches, contraints de se livrer à une compétition féroce pour garder leur statut, seraient autant, sinon plus dévastatrices. Seules la politique, la redistribution des biens par l'État, mais aussi la croissance économique peuvent éviter cet enchaînement. A condition d'un minimum de cohésion sociale...

Sciences & Avenir. février 2006.

Pourquoi et comment parler de la croissance comme remède alors qu'elle est la cause de l'effondrement ?

 

MÉFIANCE :

Se méfier de tout ce qu'on pense un peu trop fort.

Jean Rostand. Nouvelles pensées d'un biologiste

 

MÉMOIRE :

La vraie mémoire d'une société subsiste sur trois ou quatre générations et ce qui précède est obligatoirement mythique (...)

Jean-Paul Demoule. Sciences & Avenir. Juin 1995.


Retourne toi

regarde le tracé

de tes pas sur le sol

Leslie Silko

 

MENSONGE :

« Notre politique doit s'adapter au monde ». Ainsi parle le chef d'Etat occidental néo-libéral. De quel monde parle-t-il ? du monde « de l'argent » sans aucun doute car en ce qui concerne le monde du vivant, l'occident a bien su le tordre et le pressurer pour qu'il s'adapte à lui et non l'inverse.


Le grand homme ne voulait qu'une petite, toute petite terre de la taille d'une peau de buffle où il ferait pousser les légumes pour sa soupe. C'est alors que nous aurions dû découvrir la fourberie de son esprit.

Point de vue Delaware, transmis par la tradition orale, lors de la première arrivée des Hollandais sur l'ile de Manhattan, vers 1609.

 

MERDE :

Là où ça sent la merde

ça sent l'être.

Antonin Artaud. La recherche de la fécalité.

 

MÉTHODE SCIENTIFIQUE :

Pourtant personne n'a encore réussi à définir la méthode scientifique. Il y a une raison simple à cela : la méthode scientifique n'existe pas. Dès lors on ne voit pas au nom de quoi il serait interdit de rêver pour faire une découverte scientifique. Mieux : on voit mal ce qui, hormis le rêve ou les états de pensée plus ou moins altérés, pourrait permetre le déplacement des cadres ordinaires de la pensée requis pour toute création, fût-elle scientifique.

Nicolas Witkowski. Sciences & Avenir HS. Décembre 1996.

 

MICROBES :

Riez tant que vous voudrez, mais ce qu'on a appelé les microbes c'est dieu. et savez-vous avec quoi les Russes et les Américains font leurs atomes? Ils les font avec les microbes de dieu.

Antonin Artaud. Pour en finir avec le jugement de dieu. Les éditions de la mauvaise graine.

 

MITOCONDRIE :

Cet organite indispensable à nos cellules est le vestige d'une très ancienne bactérie vivant il y a une centaine de millions d'années

 

MODE :

Les modes sont des maladies de l'esprit.

Nicolas Georgescu-Roegen.

 

MOMIFICATION :

Fais alterner le doute méthodique avec le sarcasme méthodique : ainsi tu éviteras peut-être la momification intellectuelle.

René Daumal. Clavicules d'un grand jeu poétique.

 

MONDE :

Il existe un autre monde mais il est dans celui-ci.

Paul Eluard.

Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer c'est qu'il existe...

Charles Baudelaire.1861 Petits poëmes en prose.

 

MONNAIE :

En Tzeltal, tak'in, excrément solaire.

 

MONTAGNES :

Océan, montagne, désert : trois remèdes à la tentation des paradis artificiels.


Je suis aveugle de nature dans mon visage sans traits. Le mouvement m'est immobile. (...) Tout le visible m'est invisible (...) Détaché du néant, mon bonheur est un sommeil sur le sommet de la montagne où je reçus sans rien donner.

Toukârân. Psaumes du pèlerin.


« Là, au sommet plus aigu que la plus fine aiguille, seul se tient celui qui remplit tous les espaces. Là-haut dans l'air le plus subtil où tout gèle, seul subsiste le cristal de la dernière stabilité. Là-haut, en plein feu du ciel où tout brûle, seul subsiste le perpétuel incandescent. Là, au centre de tout, est celui qui voit chaque chose accomplie en son commencement et sa fin. » C'est ce que chantent, ici, les montagnards.

René Daumal. Le Mont Analogue.

On me demande pourquoi je vis sur le Mont Bleu

Je souris, sans répondre, le coeur en paix.

Les fleurs des pêchers s'en vont au fil de l'eau,

il est une autre terre, un autre ciel, que ceux des hommes.

Li Bai.


(...) au moment où je résiderais sur la montagne (au lieu de la voir d'en bas) elle n'existerait plus. Ce n'est pas moi qui aurait changé d'être. C'est elle. Moi je ne peux pas changer d'être. Le moi demeure. C'est lui, l'axe. C'est le reste qui tourne.

Jean Dubuffet. Asphyxiante culture.

Comme toute chose, la montagne est un infini pour qui veut la connaître en son entier.

Élisée Reclus. Histoire d'un ruisseau.

MORT :

Lorsque la mort vous sépare ; il ne reste plus qu'à se taire.

Du Fu.

La mort gagnerait en agrément si l'on s'en accordait le droit après avoir tout entrepris pour assurer le triomphe de la vie.

Raoul Vaneigem. Nous qui désirons sans fin.

Je sais nous ne mourrons qu'une fois

(pour combien de naissances)

et la mort n'est bonne qu'à être vécue

Adonis. cheminement du désir dans la géographie de la matière.

MOT :

Le mot se retourne contre l'idée. La lettre tue l'esprit.

Bergson.

 

MOUVEMENT :

Impossibilité totale de dessiner le mouvement d'après nature. Inventer est une erreur, laisser tomber. Immobilité seulement, ou gestes qui permettent l'illusion du mouvement dans l'immobilité totale. En sculpture la même chose, seulement le relief peut être une possibilité de mouvement.

Alberto Giacometti. 1946.

Une femme je la fais toujours immobile et un homme je le fais toujours marcher.

Alberto Giacometti.

Sculpter, c'est figer le mouvement. L'accepter sinon danser.

 

MUSIQUE :

Omniprésente dans ma chair. Elle m'accompagne sans cesse le jour comme la nuit en éveil ou dans le sommeil et les rêves. Celle que je joue ou écoute n'a rien à voir avec celle qui m'habille et m'habite.

 

MYTHE :

Le mythe ne prétend pas donner le vrai de la science mais exprimer la vérité de certaines perceptions.

Victor Henri.

MYTHES :

Les mythes et les symboles du sauvage doivent nous apparaître, sinon comme une forme supérieure de connaissance, au moins comme la plus fondamentale, la seule véritablement commune, et dont la pensée scientifique constitue seulement la pointe acérée, plus pénétrante, car aiguisée sur la pierre des faits.

Claude Levi-Strauss. Tristes tropiques.

Connaître les mythes, c'est apprendre le secret de l'origine des choses. (...) on apprend non seulement comment les choses sont venues à l'existence, mais aussi où les trouver et comment les faire réapparaître lorsqu'elles disparaissent.

Mircea Eliade. Aspect du mythe.